dimanche 25 février

ARE YOU VULNERABLE ?

Mon voyage en Inde a été ressourçant et salvateur. Sur le moment j’ai simplement essayé de vivre au jour le jour, sans rien attendre. Simplement l’envie de réapprendre à être bien avec moi même. J’ai pris mon temps, j’ai donné du temps au temps, je me suis ennuyée (oui ennuyée et c’était bien, dingue non ?)
En revenant de ce périple, j’ai pris conscience de pas mal de choses.
J’ai eu besoin d’un retour à plus d’authenticité, d’intégrité. C’était comme cela que je le verbalisais à ce moment … Sachant que ce n’était pas exactement ça.
 
Je sentais bien que je voulais aller vers quelque chose de plus dense, plus profond, plus proche de moi autant sur le plan personnel que professionnel.
J’avais du mal à mettre un mot dessus, à vraiment définir ce qui m’animait.
Ce n’est que depuis quelques jours, que j’ai vraiment posé et structuré un peu plus ma pensée.
Et un adjectif est revenu plusieurs fois lors de conversations, d’échanges avec des ami(e)s, des inconnu(e)s.
« Etre vulnérable », « la vulnérabilité », et c’est apparu comme une évidence, c’était exactement ce mot que je voulais poser sur mon ressenti, sur ma perception.
Oui je veux (consciemment) être vulnérable dans ma vie personnelle et dans ma vie professionnelle car être vulnérable est une force.
Ne pas avoir peur de ce que je ressens, me connecter encore plus à mon intuition, à mon coeur. Etre reliée à moi et ne pas être paniquée à l’idée d’être jugée sur mes sentiments (une personne sensible est faible —> vous l’avez pensé ou vous le pensez aussi, non ?)
Et si on prenait un peu de distance quant à cette satanée définition du dictionnaire :
« Exposé aux blessures, aux coups. Qui peut être attaqué, atteint facilement » 
Je vois plutôt la vulnérabilité comme une force. C’est un POUVOIR que d’être vulnérable.
Cela permet de prendre confiance en soit, d’assumer qui nous sommes, entièrement et pleinement.
De se défaire de notre manque de confiance en nous.
Plus nous nous connaissons et assumons qui nous sommes moins nous pouvons être « malmené(e)s / tiraillé(e)s» par l’extérieur.
Et justement pour être vulnérable il en faut du courage, de la force, de la puissance.
Ne pas avoir honte, ne pas avoir peur, ne pas avoir peur d’avoir honte.
Cela change notre façon d’aborder les relations, et cela change notre vie de manière incroyable.
On arrête de jouer un rôle qui n’est pas le nôtre.
Car à force d’avoir peur de ressentir trop fort des sentiments, à force d’avoir peur de pleurer, de trop rire, de déranger, de prendre trop de place, de ne pas mériter, de ne pas etre « assez » …. de … de…. (la liste est longue, je vous laisse la continuer) … plus on a peur d’avoir peur de, moins on ose en parler,  plus on la ressent, plus on s’emmure dedans.
Etre vulnérable c’est avoir du courage et vous savez ce que c’est que d’avoir du courage ?
Du latin « cor »  qui signifie « le coeur » , et la définition originelle : « raconter qui nous sommes de tout notre coeur »
Où je veux en venir ? C’est qu’il faut avoir le courage d’être imparfait(e)s
Etre vulnérable c’est avoir assez de compassion pour soi. Etre gentil(le)s, bienveillant(e) avec soi-même d’abord pour avoir  de la compassion pour les autres.

Etre vulnérable c’est être authentique. Arrêter d’être qui nous devrions être, pour être qui nous sommes vraiment.

Etre vulnérable n’est pas un évident, ce n’est pas facile (ce n’est pas la bagne non plus) mais pour moi c’est devenu une nécessité, c’est ESSENTIEL et VITAL.
D’oser dire les choses, d’avoir la volonté de me lancer dans des projets improbables en y mettant toute mon énergie et mon coeur, de dire « je t’aime » en premier, de faire quelque chose qui me sortira de ma zone de confort sans aucune garanti de réussite derrière, de m’investir dans une relation en ne sachant pas si celle-ci marchera ou pas.
De ne pas être un pantin, anesthésié qui ne ressent rien. On m’a souvent dit que j’étais à « fleur de peau », trop sensible », « trop fragile ».
Mais je pense aujourd’hui que c’était ou c’est plutôt la projection des gens sur moi, leurs peurs de leurs propres sentiments.
La peur, la honte de se faire envahir par un trop pleins d’émotions qu’ils ne pourraient pas « gérer ».
Le problème quand on s’anesthésie, quand on se coupe de sa vulnérabilité et bien on se coupe aussi de pleins d’autres émotions :
La joie, La gratitude, La passion, L’amour, La tendresse, Le désir …
La vulnérabilité n’est pas un mot péjoratif comme on peut le croire. C’est une force.
Pour moi aujourd’hui être vulnérable c’est être vivante, c’est me dire que je suis « assez », que je suis bien comme je suis. C’est être en paix avec moi.
Et être en accord avec mon « moi » signifie que je disponible pour les autres, que je suis à l’écoute du monde qui m’entoure.
Et vous êtes-vous assez courageux(ses) pour être vulnérable ?

 


Pour aller un peu plus loin je voulais aussi partager avec vous deux sujets sur la Vulnérabilité qui m’ont marqué et touché. (voir même boulversé pour le 1er)
Tous les deux abordent le sujet de la vulnérabilité de 2 manières différentes :
The Work, dans la prison de Folsom (sous haute surveillance), un programme non conventionnel a été mis en place il y a un environ 20 ans. Le documentaire relate la venue d’un groupe de volontaires qui va suivre cette thérapie de groupe intense de 4 jours, révélant un portrait intime et puissant des ces hommes qui vont se transformer. C’est un documentaire sur la réhabilitation à travers la vulnérabilité. D’une intensité folle.
et un TED de Justin Baldoni. Il veut initier un dialogue avec les hommes sur la redéfinition de la masculinité pour trouver des façons de ne pas simplement être des hommes bien mais être de bons êtres humains. « Essayez d’utiliser les mêmes qualités qui, à votre avis, font de vous un homme pour devenir plus profond, dit Baldoni. Votre force, votre courage, votre robustesse : êtes-vous assez courageux pour être vulnérable ? Êtes-vous assez fort pour être sensible ? Avez-vous assez confiance en vous pour écouter les femmes dans votre vie ? »